J'écoute : mes rêves ?
Je regarde : dans le vague ?
Je cite : "un souvenir heureux est peut-être, sur terre, plus vrai que le bonheur" ?
Je pense : aux possibles ?
Je rêve : à l'impossible ?
(mis à jour dimanche 30 septembre 2007 à 22:03)

28/10/2007

28/10/07 - 22:06

La Question anodine...


… au dérapage inattendu !
Ex : « Ah, tiens ! t’as acheté du poivre rose ? »
[situons la scène : repas du dimanche midi chez les parents ; remarque en passant plus que véritable question, à ma mère, en sortant les épices.]
Mon père, dans sa barbe : « Mhmbrlpoivhzmhmpdéoui… »
[sur son ton blague lourde]

Vous vous demandez où tout cela dérape.
C’est normal. Je n’ai pas encore dit « Quoi ? »
Mais ma mère, qui pousse un soupir d’agacement, a semble-t-il compris, et mon père affiche le sourire d’un préado tout content de sa blague bête : je ne peux donc retenir ma curiosité : « Qu’est-ce que t’as dit ? »
Ou comment se jeter aveuglement dans une situation désagréable…

Mon père : « Moi ? rien. » [il ricane]
Moi : « Mais si ! » [à ma mère] « Qu’est qu’il a dit ? »
[remarquons à ce stade que tout est effectivement de ma faute ; je ne peux blâmer que ma vieille manie de vouloir toujours tout savoir.]
Ma mère : « Des bêtises… » [nouveau regard insistant]
« Il a dit : "du poivre pour les pédés, oui" … et c’est stupide ! »
[ricanements redoublés de mon père et de mon frère.]

Voilà, j’ai perdu une occasion de me taire !
J’ai regardé dans mon assiette en marmonnant quelque chose du genre
« pfff… t’es con… » avec un petit rire jaune, et dû subir deux minutes de plaisanteries sur les homos en faisant mine de les trouver drôles…
Ce n’était pas bien méchant, mais les haricots étaient soudain amers :
je repensais à tous les propos teintés d'homophobie que je l’avais toujours entendu tenir. Et quand on lui faisait remarquer son intolérance :
« Moi ? mais je suis ultra-tolérant !! La preuve, qu’ils fassent ce qu’ils veulent, je m’en fous du moment qu’ils s’enculent entre eux ! Mais qu’ils viennent pas nous faire chier dans les journaux avec leurs histoires à la con, mariage, adoption et compagnie !! [etc etc…] ». Mon père est souvent vulgaire.

Et c’est ainsi d’aussi loin que je me souvienne.
Va donc faire ton coming out avec un sanguin pareil : il se braque déjà pour un rien… S’il contrôle normalement toute réaction violente (en général, c’est la fourchette et l’assiette qui en font les frais), je doute qu’une telle annonce le laisse de marbre… et avec son hypertension, je ne voudrais pas non plus qu’il me fasse un infarctus !!

Bref, je parle de ma lâcheté devant les propos de mon père, mais à la limite, je m’en fous ; je me suis toujours, consciemment ou non, construit à son opposé. Ce qui me retient surtout, c’est la peine que je ferais à ma mère…
Et oui ! me voilà, c’est original, au beau milieu de l’éternel schéma œdipien !!


Exercices :
Pas d’exercice aujourd’hui ! J’ai voté pour le statu quo – jusqu’à mon prochain coup de déprime. La situation devrait bien exploser d’elle-même si elle me devenait un jour intolérable, non ? [les suggestions pour cet instant fatidique sont malgré tout les bienvenues^^]


Votre repas familial n’est pas assez épicé ?
Qisuij recommande : Le Rose.

commentaires

29/10/07 - 00:23

Bonjour Qisuij!
Pseudo facile à retenir, mais très difficile à orthographier soit dit en passant...
Le pense que je vais essayer de rester très modéré sur les conseils que je vais te donner... Parce que c'est le genre de situation qui peut radicalement modifier des relations familiales.

A ta place, et si le besoin s'en faisait vraiment pressant (mais vraiment très pressant!), je crois que j'essaierai de parler à ma mère en premier, et en a-parte. Quand je dis en a-parte , j'entends dans un lieux ou elle se sente à l'aise, où vous ne soyez que tous les deux, et où tu serais sûr de ne pas être dérangé.
Et là, j'essaierai d'amener le sujet petit à petit. Mais à mon avis, il y a des chances qu'elle se doute de quelque chose. Et puis une fois arrivé à l'annonce/aveu/déclaration fatidique, évite de forcément tout ramener à toi. Prends en considération que ça peut être difficile pour les autres d'apprendre/officialiser ce genre de nouvelle.
Pour la suite, Y'A PAS D'URGENCE, vois comment évolue la situation, sachant que les autres oeuvreront probablement pour toi.

A présent, si ça peut t'être utile, voici comment ça s'est passé pour moi. J'ai conscience que c'est loin d'être le cas standard, mais bon, on ne sait jamais si ça pouvait t'aider...
Je pense que c'est mon frère qui a manoeuvré en coulisses (mais sur ce point, je n'ai aucune certitude). Un soir, ma mère est venue me trouver dans ma chambre (oui, j'habitais encore chez maman...) et s'est acharnée pendant une bonne demie-heure, question après question, en se rapprochant toujours un peu plus du point douloureux, avant d'arriver à me faire répondre que je préférais les hommes (au bout de deux questions, je savais déjà où elle voulait en venir)... Démarche qui m'a surpris venant de sa part, et dont je pense que mon frère est à l'origine (frère qui habitait déjà depuis quelques années fort loin de là).
Quelques mois ont passé, sans que j'en parle à qui que ce soit d'autre. Je présume, une fois de plus, que mon frère aura été mis au courant du coté certain de mon orientation sexuelle par maman. Et qu'il aura de son côté préparé le terrain du côté de papa.
Je précise ici que mon père et ma mère ne vivent plus ensemble depuis que j'ai l'âge de 2 ans, Qu'ils vivent à 700km l'un de l'autre et sont toujours en fort mauvais termes.
Un jour, pendant les vacances, je suis à table avec mon père, ma belle-mère (la femme de mon père), et mon quasi-frère (terme juridique désignant le fils de la femme à mon père) qui a 4 ans de plus que moi. Et là, comme un cheveu au milieu de la soupe, mon père me pose la question fatidique : est-ce que tu es homosexuel? S'en suivent les deux secondes les plus longues de ma vie (courte et ennuyeuse par ailleurs) ou j'ai le choix entre un simple oui et probablement toute une vie de mensonge derrière. N'ayant pas le courage de mentir plus longtemps, je me contente donc de répondre oui. Ce à quoi il me répond "Ca ne me pose pas de problème". Le repas se termine, on parle de tout et de rien, mais surtout pas d'homosexualité (j'en aurais été bien incapable).
Je n'aurais jamais pensé que mon père puisse prendre la nouvelle aussi bien. Je l'ai toujours vu comme une personne rigide, autoritaire, machiste... Voilà donc pourquoi je suis persuadé que mon frère à oeuvré en coulisse de fort belle manière. Ce pour quoi je devrais lui être infiniment plus reconnaissant que je ne lui montre. Mais bon, ma relation avec mon frère a toujours été très difficile en face à face.

Aujourd'hui, mon père dit sans complexe qu'il a un fils homosexuel, et en discute volontiers avec les personnes qui sont fermées sur le sujet. Là, ca me laisse un peu sur le cul quand même!

Voici donc, par rapport à mon histoire pourquoi je te disais de savoir prendre le temps, et de laisser les autres faire la part de choses. Car c'est rarement dans le face à face qu'on parvient à se comprendre au mieux.

J'espère avoir été relativement clair et pas trop long.
Ciao (^_^)

PS : pense quand même que parfois les choses ne se finissent malheureusement pas aussi bien...

29/10/07 - 00:56

merci d'avoir partagé ton expérience ! même s'il n'y a pas beaucoup de chance pour qu'elle s'applique à ma famille... mais sait-on jamais !

29/10/07 - 13:01

Je pensais que tu avais déjà dit que tu étais gay :x

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